Scooter, s'coue toi !

Eté 1999 : Les pyrenées espagnoles
Toulouse - Pamplona



Le jour du "grand départ" est enfin là ! Fini de rêver, on y est, on y va, c'est parti !
Tout le monde est prêt: Françoise et Guillaume sur un Skyliner 125, Laetitia et sa copine Céline sur leurs 50, Sylvain et Moi sur le 2eme 125 suivis docilement (pourvu que ça dure !) par LA remorque.
Premiers tours de roue, direction LANNEMEZAN. Petite étape pour se mettre en jambe, acquérir les bons réflexes, les bons écarts entre les scoots, la bonne allure.
En fait, les 50 sont à fond dés que ça roule bien, et que j'ai fini d'accélérer !
Pour l'instant c'est à peu prés plat, alors on atteint le 80 compteur dans les lignes droites ! La moyenne est quand même pas terrible, vu que des lignes droites, y en a pas tant que ça. On atteint pas le point de picnic qu'on avait prévu. Mais on a de la marge pour le camping, la nuit arrive tard en juillet !

quel foutoir ! ya encore de la place... ... pour tout ça !
Le matos Le chargement Le 1er campement

Les choses sérieuses commencent le lendemain: on passe les Pyrénées.
Françoise n'est vraiment pas copine avec les descentes et le col du Portalet est un calvaire pour un 125 qui doit porter 140Kg de viande et tirer à peu prés autant de remorque ! Un bon 20km/h, ça donne le temps d'observer le paysage.
Super, le paysage, ça mérite une photo. Oui mais si je m'arrête, est-ce que je repars ???
Hmmm... Tant pis, je tente le coup. Et puis y a Laetitia et Céline qui pourront pousser au cas ou...
Arrêt bien droit sur le coté, "frein à main" pour pas repartir en arrière (pour les curieux, il s'agit d'une sangle de cale-pied de vélo qui serre le frein arrière: y a qu'a tirer pour freiner et appuyer sur la boucle pour l'enlever), photo, gazs en grand, le petit moteur donne tout ce qu'il peut, je lache le "frein à main", ça repart doucement, j'aide un peu avec les pieds mais ça à l'air d'aller. Bien sur, il nous faut quelques centaines de mètres et un petit replat providentiel pour que le bolide atteigne enfin le 20 km/h mais ça grimpe tranquille. On arrive même à doubler un cycliste !
Dans la descente, c'est une autre paire de manches !! LA remorque, qui s'est laissé traîner toute la montée, est en pleine forme et aimerait bien passer devant, pour une fois ! Et la voilà qui pousse tant quelle peut ! Avec beaucoup de délicatesse (cf. plus haut), j'arrive à lui faire entendre raison et finalement, le balancement quelle procure à notre attelage dans les enchaînements de virages a quelque chose de sensuel...
Il faut s'arrêter assez souvent pour ne pas perdre Françoise de vue. Vraiment pas à l'aise, elle freine à mort dans les descentes et si en plus y a des virages... Guillaume a beau lui dire d'aller plus vite, que ça passe tout seul, qu'il faut quelle suivre une trajectoire cool, rien n'y fait. Les filles ont l'air de suivre. Je m'inquiète quand même un peu pour Laetitia qui suit sa copine mais qui n'a pas vraiment d'expérience. Elle n'a fait que quelques centaines de kilomètres et si y a le moindre problème, du genre traversée de gravillons sauvages ou autres bestioles, je ne sais pas si elle saura réagir comme il faut. Enfin, croisons les doigts (pas facile sur un 2 roues !)

la forêt, le pied ! l'aventure, c'est par là, tout droit ! 'tain, ça grimpe mais c'est beau !
Le convoi La route... Col du Portalet

Les jours passent et se ressemblent. y a que le paysage qui change et la fatigue qui peu à peu s'installe chez les novices.
Lever pas trop tard, 8h00. Petit déjeuner tous ensembles. Les parents de Céline et des copains nous ont rejoints en voiture. Du coup on a un peu plus de confort: une table pour 4, une glacière, le luxe quoi ! Il faut attendre son tour, mais ça fait du bien de s'asseoir pour manger. Après le petit déj, on plie les tentes, rangement, vaisselle, chargement de Melle LA remorque et hop on est partis pour... faire les courses pour midi. Le vrai départ est vers 10h30. On roule jusqu'à 13h00 ou jusqu'à ce qu'on trouve un coin sympa pour picniquer. Une bonne heure d'arrêt et on reprend la route jusqu'au camping du soir. Remontage des tentes, préparation de la bouffe, 5 minutes pour souffler ou prendre un apéro, le repas, les enfants sur la table, les adultes par terre (et vous trouvez ça juste vous ??), vaisselle, courte veillée, dodo.

La bouffe des petits... ... et celle des grands ! cette fois, ça ressemble à une tente :o)
Le confort ! Le rustique ! La tente des filles

En plus, il fait beau. Sauf un soir. Pas de chance: On roule sur une plaine comme on en fait plus: pas un arbre, pas une maison. Tout d'un coup, le ciel qui nous surveillait de son oeil noir depuis quelques temps, en profite pour nous jeter tout ce qu'il a sous la main. Et en plus à l'horizontale, en pleine figure ! On y voit plus rien, mais on continue de rouler parce que si ça dure comme ça, on sera tremper avant d'arriver au camping. Le seul camping en terre battue de tout notre périple !
Monter les tentes dans la gadoue sous une pluie battante et un vent à décorner les bœufs sera un vrai régal ! En plus la boue colle aux semelles et à chaque pas on grandit d'un centimètre ! Heureusement, la dame sympa du camping nous permet de faire la tambouille dans sa salle de bar, histoire de manger nos pâtes au moins au sec !

Le chateau Miam ! derrière la vitre
Un chateau en Espagne Les pates au sec ! La pluie...

En quelques jours, nous longeons le versant sud des Pyrénées espagnoles vers l'ouest. Les routes sont bonnes et la moyenne s'améliore: pas loin de 35km/h ! Notre but est d'arriver à Pamplona pour les fêtes de la Saint Firmin. Nous en profitons pour faire un petit tours sur les pistes du désert des Bardenas. Moment fort de ce voyage. Paysage grandiose, pistes roulantes. On se croirait dans le désert du Mexique (à l'échelle 1/2!). Céline s'éclate en hors piste. Laetitia n'ose pas la suivre. J'aimerais bien moi aussi, mais mon scoot' n'est pas adapté et même si j'ai laissé Melle LA remorque au camping, j'ai Guillaume derrière moi. Tantpis, on reviendra une autre fois. C'est tellement super qu'on y reste 2 jours au lieu de prendre un jour de repos !

... roulante, extra, géniale ! grandiose ! oh, les gros cailloux !
La piste... Les Bardenas Hors piste
ou autre chose, c'est selon :o) c'est grand hein ! c'est haut aussi !
La demoiselle La plaine Les montagnes

Les fêtes de la St Firmin se déroulent tous les ans à Pamplona (Pampelune en français). Beaucoup de monde, beaucoup de vin, de la musique partout pendant 4 jours et un laché de taureaux tous les matins dans les rues de la ville. Nous descendons du car au moment ou les taureaux sont lachés dans la rue principale en direction des arènes. Foutu ! Nous ne verrons cette course que sur une télé d'un café qui retrace toutes les courses de puis plusieures années. Fous, ils sont fous ces espagnoles!! Ils courent devant les taureaux, se gamellent, se font piétiner, encorner et en plus ils aiment ça !!!
Plus calme, nous suivrons le défilé de grosses têtes. Des rois et reines de tous les continents invités en je sais plus quelle année (mais ça doit bien faire plus de 100 ans), accompagnés de chevaliers et autres hommes d'armes qui tapent à tour de bras sur tous les passants inattentifs avec des boules de mousse au bout de bâtons. Les fêtards couchés dans leur duvet dans les jardins publics ont droit à un réveil mémorable!! C'est sympa, tout le monde se marre. Une fête à voir de jour comme de nuit (l'ambiance est différente la nuit, mais ça vaut le coup aussi).

La reine Et toc ! Ollllllé !
La reine Et toc ! La corrida

Le lendemain, la bouche un peu pâteuse et la tête lourde pour certains, nous reprenons la route. Pas pour bien longtemps! Céline crève. En Espagne, les 50cm n'ont pas le droit de rouler sur les nationales. On le sait, ça nous a coûté un PV!!!
Ils ont juste le droit de rouler sur la bande d'arrêt qui est d'ailleurs présent presque partout et assez large. Le problème c'est qu'il y traîne tout un tas de cailloux, ferrailles, et autres machins bizarres. Il faut faire très attention. C'est justement un de ces trucs bizarres qui décide de faire un bout de chemin avec nous, planté dans la roue arrière du scoot de Céline ! C'est un morceau de fer de 5 cm de section en L. le pied pour une réparation ! On tente le coup avec une mèche, mais vu la forme du trou, ça ne tient pas très longtemps: 10km plus loin, la mèche nous quitte dans un grand bruit de pétard !
Coup de bol, une station essence à 500m. Manque de bol, ils n'ont rien pour réparer un pneu !
On essaie de coller un emplatre à l'intérieur du pneu, mais vu qu'on a oublié de prendre une clé pour tomber la roue, je vous raconte pas la galère et les bobos aux doigts !! Enfin... re-gonflage... ça continue de fuir comme un panier. Il ne reste plus quà tenter d'injecter de la bombe anti-crevaison. Il faut rouler de suite, c'est marqué dessus. Alors on se met à faire des ronds sur l'aire de la station en semant de la neige partout !!
Le patron (un c.. !) nous dit en espagnol qu'il faut pas faire ça, qu'il faut partir mais nous on s'en fout, on comprend pas l'espagnol !
Après avoir tourné comme ça 10mn, la bombe est vide et le pneu aussi. On est un peu dans la m.... ! On décide d'envoyer quelqu'un chercher un camping pour la nuit ! Il se paume dans la zone industrielle et coup de bol tombe sur un réparateur de pneu ouvert un samedi après midi à 5h00 du soir !!! Mais faut faire vite, il ferme dans une demi-heure !! C'est la panique ! On remballe tout les outils et on réussit à se traîner jusque là et en quelques minutes, le gars super sympa nous fait la réparation. Dire qu'on a passé 3 heures à se faire ch... !

ça, c'est un futur porte-clés ! ... baladeuse aller, du nerf !
C'est ça ! Une mèche... ... et faut regonfler

Bientôt le chemin du retour: 'tite balade dans le parc d'Odesa pour les plus sportifs, la sierra de guaras... Passage en France par le col du Tourmalet cette fois. Celui-ci aussi monte raide, mais depuis presque 15 jours, on s'est habitué au paysage qui change lentement dans les montées. Nous sommes le 14 Juillet chez l'Ours des Pyrénées. (Pas l'animal, le pote sur Amiga !) et nous campons dans son jardin. Nous regardons les quelques images de la vidéo. Dernière soirée de vacances.

Nous repartons une peu triste, un peu fatigué mais heureux d'avoir passer 2 semaines d'aventure à scooter. Au bilan, 1500 Km, 3 gamelles pour Laetitia, une crevaison coriace pour Céline, une casse de triangle de suspension arrière sur un 125, une averse mémorable, des images pleins les yeux et surtout

une énorme envie de recommencer l'année prochaine !!


Le trajet et une autre façon de voir...

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